L’homme-huître, cela vous dit quelque chose? Radio-oncologue à l’Hôtel-Dieu de Québec, le Dr Eric Vigneault connaît bien ces patients atteints de cancer qui ont du mal à exprimer ce qu’ils ressentent.
«Souvent, les hommes ne verbalisent pas leurs inquiétudes. Cela se traduit davantage par de l’anxiété. Ils font leurs propres démarches sur Internet, où l’on trouve du bon et du mauvais. Dans le cas du cancer de la prostate, comme il n’a y aucun symptôme, les gens ne comprennent pas qu’ils ont un cancer. Certains patients ne veulent pas que leur entourage soit au courant. D’autres viennent avec leur conjointe, qui pose les questions», souligne le Dr Vigneault en entrevue, à l’occasion du 23e Congrès scientifique de l’Association canadienne de radio-oncologie, qui a réuni 500 experts à Québec jusqu’à samedi.
En 1995, M. Raymond Power a été parmi les premiers patients de la région de Québec à bénéficier de la curiethérapie pour un cancer de la prostate. Depuis, il s’emploie à faire tomber les tabous encore tenaces sur ce type de cancer auprès d’autres patients qui se questionnent sur leur état et sur leurs traitements.
«Il y a des hommes qui me font promettre de ne parler à personne de notre discussion. L’image de l’homme fort, viril est très présente, d’où les réticences à parler du cancer de la prostate», analyse M. Power. Âgé de 71 ans, celui-ci dit avoir une excellente qualité de vie depuis son intervention, il y a 14 ans.
Petite révolution
La curiethérapie est indiquée pour les hommes souffrant d’un cancer de la prostate localisé, à faible risque d’évolution, soit pour presque la moitié des patients, explique le Dr Vigneault. Elle consiste à implanter de façon permanente dans la prostate de petits grains radioactifs qui ciblent les lésions cancéreuses. Le patient est rétabli en quelques jours et, surtout, il évite l’ablation de la prostate.
«La curiethérapie a été une petite révolution dans le traitement du cancer de la prostate. À l’Hôtel-Dieu de Québec, nous avons été les premiers au Canada à réaliser cette procédure pour ce type de cancer. En curiethérapie, on compétitionne avec les meilleurs milieux du monde», affirme le Dr Vigneault.
Le service de radio-oncologie de l’Hôtel-Dieu de Québec dispose de nouveaux appareils combinant imagerie haute résolution et intervention, capables de traiter de petites régions du corps humain, tout en s’assurant que l’on cible la bonne zone.
(Le Journal de Québec)