Le risque de développer un cancer, du sein et du foie notamment, s'accroit avec l'exposition aux fumées d'incinérateurs d'ordures ménagères, selon une étude publiée jeudi à Paris.
Selon le degré d'exposition (médiane à forte), le risque constaté augmente
de +4,8 à +6,9% pour le cancer du sein et de +6,8 à +9,7% pour les cancers du foie, ont indiqué les responsables de l'Institut national de veille sanitaire (INVS) français.
La France compte le premier parc d'incinérateurs d'Europe avec 128 sites en fonction.
Les incinérateurs brûlent des ordures diverses, notamment des matières plastiques et des métaux qui dégagent de nombreuses substances toxiques (particules, métaux lourds, dioxines, furanes et hydrocarbures aromatiques polycycliques) qui peuvent être inhalées, ingérées ou contaminer le sol puis les végétaux et les animaux.
«La question n'est pas la distance de la résidence par rapport à l'incinérateur mais l'exposition aux panaches de fumées» qu'il dégage, note Gilles Brücker, directeur général de l'INVS.
L'étude a porté sur quatre départements abritant 16 incinérateurs où 135 500 cas de cancers ont été enregistrés pendant la décennie 1990, de personnes exposées aux fumées des incinérateurs pendant les années 70 et 80.
Outre les cancers du sein chez la femme et du foie chez les deux sexes, l'étude met en évidence un risque accru pour deux autres formes de cancers, les lymphomes malins non hodgkiniens (jusqu'à +8,4%) et les sarcomes des tissus mous (de +9 à +13%).
L'INVS note cependant que les incinérateurs sont aujourd'hui «moins polluants et mieux contrôlés» car de nouvelles normes européennes imposent depuis fin 2005 un maximum de 0,1 nanogramme de dioxine par m3 (1 ng = un milliardième de gramme).