Recherche translationnelle sur le cancer
L'expression « recherche translationnelle sur le cancer » s'applique à l'utilisation des connaissances acquises en laboratoire dans la pratique clinique. Depuis des décennies, la recherche sur le cancer nous a permis petit à petit de mieux comprendre la maladie et, par des méthodes améliorées de diagostic rapide et de traitement, a rendu possibles des résultats cliniques spectaculaires pour les cancers pédiatriques et certains cancers moins courants chez l'adulte, comme le cancer de l'ovaire ou du testicule.
Ces progrès dans la lutte contre le cancer sont le résultat d'avancées graduelles qui préviennent l'apparition du cancer, prolongent la vie des patients atteints de cancer ou, dans certains cas, permettent de vaincre la maladie. Les IRSC et leur prédécesseur, le Conseil de recherches médicales, financent depuis longtemps la recherche exceptionnelle sur le cancer et les excellents chercheurs dans le domaine.
En 2003-2004, par exemple, une équipe d'excellents chercheurs dirigée par le Dr Jerry Pelletier, à l'Université McGill, a découvert un nouveau type de chimiothérapie combinée qui peut théoriquement offrir un meilleur traitement aux patients dont les tumeurs ne répondent plus au traitement standard. Chez des souris auxquelles une combinaison de deux médicaments a été administrée, un antibiotique et un agent chimiothérapeutique, des rémissions de longue durée du cancer ont été obtenues.
Un autre exemple est celui du Dr Shoukat Dedhar, de la BC Cancer Agency, qui en mettant en évidence une nouvelle cible pour un traitement médicamenteux antiangiognèse, a découvert une façon d'enrayer la croissance de certaines tumeurs en stoppant l'irrigation sanguine dont elles ont besoin pour croître.
Également en 2003-2004, une étude historique d'une équipe d'excellents cliniciens-chercheurs dirigée par le Dr Shabbir Alibhai, du Réseau universitaire de santé et de l'Université de Toronto, a révélé que les patients plus âgés atteints du cancer de la prostate ne devraient pas être privés d'un traitement agressif en raison de leur âge. Cette étude a révélé que de nombreux hommes de plus de 65 ans bénéficient de la chirurgie et de la radiothérapie. Des études précédentes avaient montré que ces patients souvent ne reçoivent pas ce traitement qui pourrait prolonger leur vie.

Au cours de la dernière décennie, l'établissement de la séquence du génome humain a été suivi d'une explosion des connaissances dans le domaine de la biologie moléculaire qui promet de révolutionner la manière dont le cancer est traité. Cette percée scientifique offre le potentiel d'un traitement individualisé du cancer sans les effets secondaires débilitants qui sont courants avec les agents chimiothérapeutiques.
Toute une nouvelle génération d'anticancéreux en train d'être mise au point offre une spécificité supérieure et, surtout, la possibilité de stratification des patients afin que seulement ceux dont on sait que la tumeur répond à un certain agent recevront le traitement. Il n'est pas inconcevable d'imaginer que d'ici 10 ans peut être, lorsque la tumeur d'un patient pourra être caractérisée au niveau moléculaire, un traitement individualisé, dont l'efficacité est connue pour cette tumeur particulière, deviendra réalité. Ce nouveau traitement réduira de façon appréciable le fardeau du cancer tant pour les patients que pour les systèmes et les services de santé, certains cancers devenant curables et d'autres, des maladies traitables.
Le défi est d'assurer la mise en application opportune des résultats de cette nouvelle recherche dans les soins aux patients. Le besoin urgent d'accélérer l'application de la recherche a été reconnu dans de nombreux pays, dont le Canada. Le Royaume-Uni a répondu en créant, grâce à un important investissement financier du gouvernement, le National Cancer Research Network et le National Translational Cancer Research Network. En conjuguant leurs efforts, ces deux organismes ont réussi à accroître l'inscription dans les essais cliniques et à accélérer le développement initial de médicaments par un travail en réseau coordonné centralement.