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 On jase moi et Jean-Paul...

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Denis
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MessageSujet: Re: On jase moi et Jean-Paul...   Sam 30 Juil 2011 - 16:33

Citation :
Ce n'est pas la souffrance de l'enfant qui est révoltante en elle-même, mais le fait que cette souffrance ne soit pas justifiée. La souffrance use l'espoir et la foi.
[Albert Camus]
Extrait de L'homme révolté

Voila un homme à l'opposé de Jean-Paul II et peut-être que sa parole est plus réaliste. Je pense que oui entk parce qu'il y a quelque chose de très concret dans ce qu'il dit pour moi.

Une souffrance injustifiée use et je dirais qu'elle use plus que l'espoir au fait, elle use le contenant de l'espoir : l'homme. Confronté avec l'inutilité de la souffrance, il se creuse en nous un néant, une minuscule trou noir qui avale tout ce qui est autour : la mémoire, la concentration, une croyance dans l'utilité de l'effort et dans la beauté du voisin.

Pour résumer, sous l'effet de la souffrance inutile et toute puissante, on en vient qu'à s'en foutre royalement ! se foutre de quoi ? -de tout. Le monde était absurde mais on ne l'avait pas vu encore mais de voir mourir un enfant de la peste nous a ouvert les yeux et nous sommes devenu une masse folle dans sa direction comme toutes les masses de l'univers. On va bien se crasher quelque part et se sera tout, pas de quoi en faire un plat dans un monde sans âme.

On tient peut-être encore un peu à l'emballage de ce petit rien bordé de bleu qu'est la vie, nos vieux rêve du père Noel lorsqu'on était jeune, nos veilles amours, quelque chose dans ce coin-là lorsqu'on n'avait pas connu encore la souffrance d'être seul.

Avec le temps, on devient comme un disque rayé qui se répète, Camus parlait de l'éternel retour. Avec le temps va tout s'en va disait Ferré qui avait bien raison, et Claude François lui répondait "Ça s'en va et ça revient" ...deux grands philosophes qui s'ignoraient.



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MessageSujet: Re: On jase moi et Jean-Paul...   Dim 10 Sep 2006 - 15:32

Merci Truckin , je suis bete , mais c'est bien sur !!! Maintenant cela m'est l'evidence ..
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MessageSujet: Re: On jase moi et Jean-Paul...   Dim 10 Sep 2006 - 13:25

Citation :
Certains priaient Jésus
Jéhovah ou Vishnu
Jean Ferrat, Nuit et brouillard
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MessageSujet: Re: On jase moi et Jean-Paul...   Sam 9 Sep 2006 - 16:02

Citation :
Certains priaient Jésus
Jéhovah ou Vishnu
[ou la «Science»]
D'autres ne priaient pas
Mais qu'importe le ciel
Ils voulaient simplement
Ne plus vivre à genoux.»


Cet extrait de texte Truckin Joe est de qui déjà ?
Je sais qu'il vient d'une chanson , mais je n'arrive pas à me rappeler laquelle ?!

En tout cas Truking , j'ai lu avec attention ton post et notamment ce que tu ecris sur la vie , le suicide et la mort ..
Touchée ...
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MessageSujet: Re: On jase moi et Jean-Paul...   Sam 9 Sep 2006 - 10:59

Denis a écrit:
Je n'ai pas la foi moi-même mais...

Croire ou ne pas croire
croire en ceci plutôt que cela
croire en Dieu ou à la «Science»
To be or not to be
Vivre ou bien se suicider,
voilà la vraie question.
Et j'ai choisi aujourd'hui
de vivre aujourd'hui
puisque je suis ici maintenant
et on verra bien demain
ce que demain nous amènera.
Ainsi, au jour le jour,
les années passent
et nous passerons.
Autant en emporte le vent.
Dédramatisons, relativisons...

«Certains priaient Jésus
Jéhovah ou Vishnu
[ou la «Science»]
D'autres ne priaient pas
Mais qu'importe le ciel
Ils voulaient simplement
Ne plus vivre à genoux.»

Ils voulaient simplement
être pèlerins
avec d'autres pèlerines et pèlerins
qui font la même démarche qu'eux.
Ensemble nous allons vers quelque chose
et il n'est pas toujours utile
de savoir vers quoi.
Seulement d'avoir ce sentiment
a la fois tendre et profond
d'aller vers quelque chose
avec d'autres pèlerins et pèlerines...

Voilà ce qui donne un sens à ma vie
et à mes souffrances aujourd'hui

Salutations fraternelles,
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Grâce



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MessageSujet: Re: On jase moi et Jean-Paul...   Mer 6 Sep 2006 - 21:03

Bonsoir Denis,

Je prends le texte : si Dieu existe, pourquoi la souffrance ?

"Peu de gens parlent des choses douloureuses dans la vie" . En parler rajoute sûrement de la souffrance à celle que l'on vit et on n'a pas besoin de ça. Evoquer notre souffrance en en parlant c'est la faire remonter à la surface, l'analyser et peut-être au final augmenter son intensité. C'est peut-être la raison pour laquelle on en parle peu ou parfois pas du tout (ceux qui gardent tout à l'intérieur d'eux-mêmes).

"Nous courons après des distractions pour échapper aux heurts de la vie" C'est une des façons de nier ce que l'on traverse de douloureux. On veut comme tout effacer mais le problème reste entier. Avec des loisirs, distractions, on se change les idées, on oublie sa souffrance parfois mais le temps de la distraction seulement car elle vous rattrappe et revient au galop (je parle pour mon vécu). Elle frappe à la porte et vous laisse un message : "Eh, t'as rien réglé ma petite dame, je suis toujours là, ce n'est pas la solution, trouve autre chose".

"Comme si le fait de penser à notre vie, à celle des autres nous fait mal". Penser à celle des autres ne me fait pas mal mais à la mienne, c'est différent. Penser à la nôtre nous incite à analyser ce qui ne va pas, à songer où le bas blesse, à chercher des remèdes et qu'il est parfois difficile de s'en sortir, de trouver la porte étroite qui nous conduira à la solution finale : mélange de doutes et incertitudes nous assaillent.
La vie des autres, je ne la perçois pas de la même façon. On ne peut pas se poser les mêmes qestions quant à la vie des autres car déjà on n'en connaît pas les détails, et on l'analyse surtout différemment. Je crois qu'avec les autres, on peut davantage trouver ou tenter (c'est plus juste) de trouver des solutions (des esquisses, des issues en somme). Mais avec sa propre vie, on ne la perçoit pas identiquement. On est sensé mieux se connaître et pourtant on ne trouve pas forcément "des voies libres" et on peut y trouver des barrières sans savoir aussi analyser correctement, avec discernement. Bon, je ne suis pas psychologue, mais j'essaie d'analyser au mieux en fonction de moi surtout.

Pour le reste de ce texte : il y a à mon avis trois types de souffrance. : physique (recevoir des coups), psychologiques et verbales. Quelle que soit le type de souffrance, nul ne peut dire qu'il n'y aura pas droit un jour. Ca ne prévient pas, et ça vous tombe dessus à toute vitesse. La souffrance, c'est notre lot à tous. On ne peut s'y soustraire !! On subit dans un premier temps et on tente d'aviser après, de trouver des solutions, des remèdes mais on ne peut pas toujours. Se faire aider aussi par des tierces personnes, une prise en charge est parfois nécessaire (psychologues dans le but de se reconstruire, d'exister à nouveau, de ne pas voir la vie comme un tableau bien sombre).

Certaines souffrances peuvent être évitées à mon avis. Certains problèmes d'écoute et de compréhension (en famille, mésentente des membres d'une même famille, désaccords sans importance parfois où des solutions peuvent apparaître très rapidement avec un peu de bonne volonté).

Je ne sais pas si tu me rejoins Denis, mais c'est ce que j'y vois en partie. On ne peut tout analyser sur un bout de texte.

J'analyserai les autres, peut-être, suivant mon inspiration si tu veux bien !

Comble de tout, après tant de débat inutile, pour ne rien dire, j'aborde enfin le texte car je ne me sens plus agressée désormais (une souffrance que je viens d'éviter à présent, de mettre au placard ou en prison mais en prenant le soin de jeter la clé dans la rivière) ! Denis, tu comprendras !

Grâce
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MessageSujet: Re: On jase moi et Jean-Paul...   Mar 5 Sep 2006 - 10:15

Citation :
Comment faire face à la souffrance ?

Il est possible de dépasser sa souffrance. Cela ne diminuera pas son intensité, mais de notre attitude face à elle pourront venir notre "délivrance" et notre croissance intérieure. Mal y répondre aura l'effet inverse : affaiblissement de notre être et amoindrissement de la beauté de notre caractère. Non pas que la souffrance soit une vertu en elle-même. Une telle conception cache un certain masochisme mystique. Mais nous pouvons choisir de bien réagir par rapport à la douleur, afin de grandir, de connaître, d'apprendre, de progresser. Du mal peut sortir le bien.

Comment ? Premièrement en prenant le temps de réfléchir et d'analyser ce qui se passe en nous. Être conscient de moi, de ce qui se joue en moi, de mes peurs, de mes frustrations : et si la souffrance était propice à une intériorité salutaire ? Quelques fois, d'heureux changements de vie sont déclenchés par une épreuve terrible : comme pour ce jeune maghrébin d'un quartier difficile, emmuré dans sa délinquance, inconscient de sa situation, incapable de penser à se sortir de là. Maintenant, c'est un musicien doué, impliqué dans des groupes de la ville et dans une radio. Il a un métier qui le passionne, un avenir ouvert devant lui. Comment a-t-il opéré la métamorphose ? "Grâce", dit-il, "à l'accident" qui lui est arrivé. Il est en effet devenu aveugle, suite à une explosion qu'il avait provoquée. Il aurait pu s'enfoncer encore plus dans les ténèbres. Il en a fait un tremplin pour changer de vie. Bel exemple ! Beau courage !

Les évènements tragiques nous remettent en question, ébranlent nos idées reçues, disloquent les illusions ou les croyances erronées sur lesquelles reposent parfois nos vies. Et si ce qui me faisait mal était en vérité une atteinte à mon orgueil, à mon égoïsme ? Pour celui ou celle qui ose regarder la réalité en face et se remettre en question, le "déshonneur" peut devenir une chance. Quel épanouissement ce sera alors ! Quel bienfait pour lui (ou elle) et pour son entourage ! Ainsi, des menaces (et seulement des menaces) de divorce obligent-elles bon nombre de maris à revoir sérieusement leur comportement vis-à-vis de leurs proches. Pour celui qui souffre mais qui sait ouvrir les yeux sur lui-même, c'est un nouveau départ dans la vie, qui peut suivre.

Enfin, parler de sa plaie à quelqu'un d'autre est également nécessaire : lire, écouter, rechercher les conseils sages, dans une volonté d'échange et de partage. Dans la douleur, les gens se rapprochent les uns des autres. C'est une des conséquences bienheureuses de la souffrance. Celle-ci nous renvoie à notre humanité fragile et vulnérable. Nous (re)découvrons que nous avons besoin les uns des autres. Nous comprenons mieux celui-là qui nous énervait auparavant, quand nous savons et expérimentons ce par quoi il est passé. Nous écoutons mieux celle-là qui souffre, parce que nous avons ressenti combien la seule écoute compréhensive était précieuse dans l'épreuve. Nous devenons plus humain, c'est-à-dire plus transparent, moins arrogant, plus abordable. Des masques tombent ; notre personnalité s'enrichit de compassion, c'est-à-dire d'un nouveau regard sur les autres, d'un nouveau désir d'aller vers l'autre. Notre égoïsme premier s'efface. La souffrance nous amène des amis. Et si c'était l'occasion d'apprendre un nouveau style de vie ? Pourquoi ne vivre cette proximité, ces relations retrouvées, qu'au travers de situations déplaisantes ?

La souffrance nous interpelle sur notre humanité : nous sommes faillibles, en fin de compte et l'existence est bien vite passée. Pour quoi, pour qui ? La souffrance est aussi peut-être l'occasion d'une rencontre de l'Autre...
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Denis
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MessageSujet: Re: On jase moi et Jean-Paul...   Mar 5 Sep 2006 - 10:12

Citation :
La souffrance peut-elle être expliquée ?

Nous avons tous - et c'est normal - le désir d'interpréter, d'expliciter les choses, c'est-à-dire d'établir des relations causales, des liens, afin de donner un sens aux évènements. Les situations deviennent ainsi moins illogiques ; elles entrent dans un tissu de continuité. La souffrance est justement vécue comme absurde, comme une rupture, une incohérence dans la logique de notre conception du monde. Dans son essence, nous la percevons comme injuste. Si elle était le châtiment de nos comportements, elle s'inscrirait dans un schéma de cohérence. Donc si nous pouvions l'expliquer, nous empêcherions alors peut-être le cri, l'horreur qu'elle représente.

Dans une certaine mesure, quand la souffrance est l'indicateur d'une anomalie modifiable, nous avons tout à gagner à en chercher la cause, afin de la traiter. Le fatalisme, qui consiste à accepter toute situation difficile sans rien dire, est de l'auto-annihilation. La souffrance n'a rien de bon en elle-même. Elle n'a pas de vertu curative ou pénitentielle. Heureusement, dans le domaine médical, la situation est en train de changer par rapport à cela. Jusque dans ces dernières années, la douleur était en effet quasi "tabou". Le malade devait supporter patiemment son sort. "Ça lui fait du bien", pouvait-on même penser. Non, même si nous ne savons pas encore soigner certains cancers ou certains troubles psychiques, personne n'a à subir sans raison la souffrance causée par une maladie. Il existe aujourd'hui une médication analgésique adéquate et efficace.

Toutefois, s'il est juste de se poser un minimum de questions, nous ne pouvons pas chercher les raisons à toutes les souffrances, sous peine de risquer de tomber dans le négationnisme ou de tenir des propos inacceptables. Ainsi, vouloir expliquer la douleur immense de l'holocauste, de la torture, d'une catastrophe climatique ou tellurique, risque de nous faire penser et dire n'importe quoi. Nous risquons d'avoir des propos vexatoires, humiliants, injustes ou discriminatoires. De plus, la douleur n'a plus de raison d'être entendue ni exprimée si elle est trop expliquée, trop rationalisée. Elle deviendrait alors partie intégrante des choses normales de la vie, au lieu d'être un indicateur d'anormalité. Ce n'est pas parce que je sais que j'ai un cancer incurable que je dois trouver ma douleur "acceptable" et que je n'ai plus besoin de l'exprimer.

Si jusqu'ici les choses me semblaient aller de soi dans le texte, j'ai un premier éveil de mon sens critique en lisant qu'on ne peut pas "chercher toutes les raisons à toutes les souffrances". Pourquoi pas ? et de quelles souffrances ne peut-on pas chercher les raisons ou les causes ?

Mon sens critique est d'autant plus éveiller que l'auteur ne s'explique pas mais fait appel tout de suite à quelque chose que l'ensemble des gens va toruver négatif : le négationisme de la shoah. Attendez voir, on parlait de souffrances et du fait que ce n'est pas dans la nature humaine de se résoudre à accepter quelque chose d'absurde comme la souffrance et la mort et là on dirait qu'on cherche à me faire accepter l'idée de ne pas me plaindre sur certains sujets et que certaines souffrances ne doivent pas être questionnées.

Ça prépare sans doute à accepter que je ne dois pas me plaindre de ne pas être immortel pour accepter l'idée qu'il y a un dieu quelque part qui est autre que moi c'est à dire que l'immortalité lui appartient. Mais moi je ne suis pas encore prêt à accepter cette idée. On dirait que l'enfance ou certains rêves m'ont laissé un goüt de toute puissance et je fonctionne comme si j'étais immortel en fait et dans ce sens-là, je n'ai pas tellement besoin d'un dieu.

C'est excessivement dur d'affronter sa propre mort, entk pour moi, je préfère le rêve ou l'illusion de vie éternelle mais pas la sorte de vie éternelle communautaire de la religion ou je serais casé dans une rangée d'anges à chanter les louanges d'un dieu pour l'éternité. Ça me parait bien plate cette forme de paradis. Moi mon paradis il est dans mon passé ou dans mon présent dans des choses que je connais comme je les connais avec à peine des nuances dans les changements.
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Denis
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MessageSujet: Re: On jase moi et Jean-Paul...   Mar 5 Sep 2006 - 9:48

Citation :
Pourquoi moi ?

Lorsque nous vivons un drame, une pensée nous vient parfois à l'esprit : pourquoi moi ? Nous avons un sentiment d'injustice. Dans un magazine, quelqu'un posait un jour une autre question : quand j'entends parler d'une souffrance quelconque dans le monde, pourquoi est-ce que je ne me dis jamais "pourquoi pas moi ?". Autrement dit, puisque la souffrance affecte tous les êtres humains, puisqu'elle existe depuis la nuit des temps, puisque ni le progrès, ni la science, ni aucun système politique ou social ne l'ont jamais éradiquée, pourquoi s'étonner que cela nous arrive aussi à nous individuellement ? Pourquoi ne pas plutôt s'estimer heureux quand notre souffrance semble dérisoire par rapport à ce que certains endurent dans d'autres coins du globe ?

Cela fait effectivement réfléchir... De fait, beaucoup de personnes trouvent dans ce raisonnement le secret de leur bonheur. Satisfaits et positifs, ils prennent la vie du bon côté. Nous connaissons tous l'affliction, mais chacun a aussi sa part de bonheur dans la vie. Considérons que les choses pourraient être pires. Dans beaucoup de situations, cela devrait être notre attitude. Nous serions moins râleurs et plus aimables...

Mais cette réflexion est une bien piètre consolation quand nous souffrons profondément. Si nous nous posons instinctivement la question "pourquoi moi ?", c'est parce que nous avons tous en nous cette pensée : la souffrance est une erreur ! Elle ne devrait pas exister ! Le mal est une anomalie. Si encore nous étions "punis" lorsque nous faisons le mal, nous pourrions nous faire une raison et tout faire pour éviter une prochaine douleur ! Mais non. La souffrance est aveugle et apparemment arbitraire : même si nous faisons le bien, cela ne nous met pas à l'abri d'elle ! Elle n'a apparemment pas de cause, et c'est ça qui en fait le drame. Pas de cause, donc pas de remède, pas d'échappatoire !


Ça semble vrai que nous avons la pensée que la souffrance est une erreur en soi et qu'une part de notre souffrance doit venir de là. Entk, ça décrit bien ma réaction lorsqu'on m'a annoncé que j'avais le cancer, je cherchais d'où venait l'erreur.

Ce n'est pas facile d'être confronté avec le scandale de sa propre mort tout à coup parce qu'on l'aime bien finalement cet assemblage de souvenirs, d'idées, de formes, d'expériences, de cellules particulières qui porte notre prénom et qu'on se dit qu'il n'y a pas de raison que ça s'arrête tout ça: tout ce qu'on voit, tout ce qu'on entend, tout ce qu'on pense.
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Denis
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MessageSujet: Re: On jase moi et Jean-Paul...   Mar 5 Sep 2006 - 9:29

Voici un texte que j'ai pris sur le site de Fred et qui semble susciter la polémique, je le mets ici pour continuer ce que j'avais commencer c'est-à-dire me confronter le plus honnêtement possible avec les déclarations des représentants de la religion. Je compte y aller à la suite copier la phrase qui suscite une certaine réfléxion chez moi et essayer de m'expliquer.


Citation :
Si Dieu existe, pourquoi le mal, la souffrance ?


Peu de gens parlent des choses importantes ou douloureuses de la vie. C'est vrai, la plupart du temps, nous cherchons à les évacuer de notre esprit. Nous courons après des distractions diverses pour échapper aux heurts de la vie. Nous nous réfugions dans le travail, ou une passion, ou encore nous cherchons à nous détendre d'un rythme de vie toujours plus fou. Surtout, nous cherchons à ne pas penser. Comme si le fait même de penser à notre vie, à celle des autres, faisait mal. C'est qu'effectivement, à des degrés divers, nul n'échappe à la souffrance. Qui ne s'est jamais senti seul, incompris, n'a jamais eu peur de ne pas être apprécié des autres, ne s'est jamais trouvé nul ? La souffrance commence à la naissance, dans nos propres familles : disputes, colères, attitudes injustes, divorces des parents... Elle continue à l'école, entre élèves, entre profs, entre profs et élèves. Ca peut être l'échec dans une matière, l'échec à se faire des amis... Ou encore c'est un accident, une maladie grave, un handicap, un deuil, une catastrophe naturelle... La souffrance frappe tout le monde, sans exception, n'importe quand, n'importe où.

Dire : "Si Dieu existe" n'est pas la même chose que d'affirmer : "Dieu existe !" Il y a une belle chanson chantée par Claude dubois et qui a ce titre (voir dans le forum de poême pour le texte de cette chanson). Toute affirmation forte éveille immédiatement notre sens critique tandis que ces affirmations au conditionnelles ou descriptives de réalités incontestables me laissent assez calmes pour l'instant et plutôt bien disposé à l'égard de ce texte qui annonce vouloir parler du sens de la vie, de la souffrance.

Pourquoi pas puisque veux, veux pas, on parle de souffrances lorsque on a un site sur le cancer: Ça vient avec. Je dois dire que pour moi ça m'intéresse d'en parler, n'importe quel discours qui m'annonce pouvoir m'aider à supporter ma souffrance ou à la dépasser m'intéresse au départ. C'est sûr que la souffrance ne doit pas être le seul discours qu'on a et c'est un équilibre toujours en péril sur ce site qui se veut porteur d'un espoir laïc: l'espoir que les hommes trouvent un médicament pour les différents cancers.

Pour moi, c'est cet engagement de trouver cet espoir laïc qui est le principal pour continuer à tenir ce site mais je ne suis pas censeur de nature et si les gens parlent de d'autres choses que les recherches scientifiques sur le cancer, je m'en réjouis doucement.


Denis
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MessageSujet: Re: On jase moi et Jean-Paul...   Sam 16 Avr 2005 - 16:48

414 Le christianisme proclame que l'existence est fondamentalement un bien, que ce qui existe est un bien; il professe la bonté du Créateur et proclame que les créatures sont bonnes. L'homme souffre à cause du mal qui est un certain manque, une limitation, une altération au bien. L'homme souffre pourrait-on dire, en raison d'un bien auquel il ne participe pas, dont il est, en un sens, dépossédé ou dont il est privé lui-même. Il souffre en particulier quand il devrait avoir part - dans l'ordre normal des choses - à ce bien, et qu'il n'a pas part.

Oui, il y a toujours un manque à l'origine du mal-être. Depuis la chanson qui chantait qu'une certaine Isabeau avait perdu un anneau en se promenant au bord de l'eau (ça rime tout ça) jusqu'au groupe québécois Les trois accords qui chante: "Saskastchewan tu m'as volé m'a femme..." tout le monde braille après quelque chose qu'ils ont perdu et moi aussi je suppose.

Mais, tu me dis ça en même temps que "l'existence est fondamentalement un bien", n'y a-t-il pas une autre façon de voir les choses ?
On peut poser aussi que la vie est mauvaise, fondamentalement mauvaise parce que comme dit cette autre chanson :"Le temps d'apprendre à vivre, il est déja trop tard"

Tu as une culture très biblique te j'ai une culture très chansonnette, chacun son truc...

Excuse-moi d'évoquer le sujet devant toi mon cher Jean-Paul mais effectivement à peine le temps de s'apercevoir que l'amour c'est bon, que la vie ça peut être ben le fun et nous voilà grabataire. D'un point de vue moral, un propriétaire de hamsters qui voudrait être cruel ne ferait pas différemment de ton dieu pour ses rongeurs, il leur mettrait leur nourriture qu'ils aiment le plus et puis il leur retirerait jusqu'à temps qu'ils crèvent en courant dans leur petite cage de fer ce qui représente bien le reste de la vie active d'un homme d'ailleurs.

Et puis les créatures sont bonnes... Tu n'as pas connu une certaine Monique ;-), une fille avec laquelle je suis sortie pour dire ça ! ...enfin ça c'est comme toute ta morale sexuelle dont on aura sans doute l'occaison de parler.

Denis
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MessageSujet: Re: On jase moi et Jean-Paul...   Sam 16 Avr 2005 - 10:53

J'avais pas lu , Denis !!!
Tes commentaires sont tout simplement géniaux !!!!
Je suis bien d'accord avec ton idée que nous n'avons pas à faire l'apologie de la souffrance ... elle peut être humanisante , mais surtout pas déifiante !!! Et certains deviennent pire , égoistes et "méchants " devant leur douleur , donc ....
Je serais tout à fait d'accord et interessée que tu continues de jaser avec Jean -Paul .....et t'en remercies à l'avance !
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Denis
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MessageSujet: On jase moi et Jean-Paul...   Ven 15 Avr 2005 - 8:56

Je lis présentement un livre qui est un résumé, ou une sélection, de textes qu'a écrit Jean-Paul. Sur la souffrance, il faut reconnaitre que l'homme a une pensée profonde. Je le considère un peu comme un artiste qui explore les profondeurs de l'âme humaine vers quelque chose d'inneffable.

Je n'ai pas la foi moi-même mais je suis prêt à considérer tout ce qui peut donner un sens à la souffrance si c'est possible ou entk toute pensée qui atténue le scandale de la souffrance chez la personne humaine même si je suis loin d'avoir perdu toute esprit critique.

Je vais avoir l'air de tout rejeter ce qu'écrit le pape mais ce n'est pas le cas, la lecture du chapitre a atténué pour un instant la sensation de malheur intense lorsque je pense à mon cancer. Je cherche ici ce qui a pu causer cette amélioration temporaire de mon humeur. Je me retrouve un peu dans la même situation que lorsque j'étais dans le bureau du psy et que celui-ci contrarait mes idées noires et, pour tout dire, ma dépression. Je souhaite bien sûr que vous participiez à ce "match" entre la pensée de Jean-Paul et la mienne ;-) La pensée de Jean-Paul sera en italique dasn ce texte:

437.Vous les malades, vous êtes pour les pêcheurs non seulement un reproche mais aussi un moyen de conversion.

Voici une idée bien étrange et bien difficille à comprendre pour quelqu'un qui n'a pas la foi. On dirait que les mondes se mélangent. C'est comme si le mal physique était embrigadé de force pour aller combattre le mal moral .

D'abord pour qu'on puisse parler de morale, il faudrait qu'on parle d'acte libre. Or quelque soit la suite que je veuille donner à l'histoire, ce n'est pas librement que j'ai contracté un cancer.

Je ne crois non plus que le fait que j'ai un cancer puisse être reprocher à qui que ce soit, ni à moi puisque ce n'est pas un choix de ma part, du moins pas un choix éclairé et conscient, ni à mes parents qui m'ont tranmis leur bagage génétique et encore moins à un étranger qui selon le pape serait en état de péché.

Surtout qu'on ne serait peut-être pas d'accord quand viendrait le temps de définir qui est en état de péché et qui ne l'est pas. Il me semble qu'il y a là une "récuparation" comme les politiques en font quelque fois.

438. Saint Paul a dit : "J'accomplis dans mon corps ce qui manque à la souffrance du Christ, comme si le Seigneur Jésus avait le plus besoin de vous, comme s'il espérait que vienne de vous l'accomplissement de ses souffrances pour le rachat du monde(...) Vous n'envisagez peut-être pas votre vie sous cet angle car vous savez, vous voyez comment cette vie peut-être percluse au point de ne pouvoir en venir à bout vous-même(...) Ce que nous dit le Seigneur Jésus, ce que nous dit Saint Paul, ce que croit l'Église est le contraire de ce que dit l'expérience humaine.

C'est un procédé artistique de présenter un monde contraire à ce que les gens s'attendent. L'art doit choquer pour être vraiment de l'art. Jean Paul II se dirigeait d'ailleurs vers une carrière artistique avant de prendre ce qu'on pourrait appelé une tangente.

De toute façon, l'idée de Saint Paul me semble avoir un air de déja vu cependant. Les "punks" qui s'accrochent des lames de rasoirs après les oreilles et des anneaux dans le mamelons "pourraient accomplir plus ce qui manque aux souffrances du Christ" sans que ça me gêne du tout. Encore une fois, il ne peut y avoir de vertue pour des choses qui s'accomplissent en dehors de la volonté humaine : on ne se demande pas à la pomme qui tombe de l'arbre si elle fait une bonne action ou pas, elle tombe parce qu'elle n'a pas le choix de tomber. L'homme meurt parce qu'il n'a pas le choix, il n'y a de questions de moral à tortiller là-dedans.

Et puis qu'arrive-t-il si j'aime bien le monde tel qu'il est moi ? Si je me suis épris de mon petit moi et que je suis fier de mon expérience humaine des choses.

Car en effet j'aime bien que les choses se répètent sans qu'il y ait de grandes surprises pour moi. J'aime bien que les éléments qui composent mes cellules, les "A" "G" "T" et tous ces choses restent bien sagement en place et ne commencent pas à jouer à la chaise musicale.

Suis-je un plus mauvais bougre pour ça ? Suis-je un être immoral parce que je me rattache intensément à ce que j'ai connu et que je n'accepte pas cette idée d'aller vers l'inconnu ou entk je veux négocier amené ma doudou ou quelque chose dans ce coin-là.

439 La douleur de chacun doit trouver un écho dans le corps de tous.

Pourquoi ? Par exemple, le parent qui a le cancer ne veut pas nécessairement que son enfant souffre la même douleur que lui. Ça doit être plutôt bien, selon ma logique de cancéreux, d'avoir des enfants sains parce qu'on peut dire : D'accord moi j'ai le cancer mais regarder ce petit bout admirablement sain et gai que j'ai produit à partir de mon corps il n'y a pas si longtemps. C'est peut-être une idée de malade mais justement...

440 La médecine (...) découvre sur le terrain des souffrances de l'homme leur aspect le plus connu. Le terrain de la souffrance est beaucoup plus vaste(...) La souffrance est quelque chose de plus ample que la maladie, de plus complexe, et en même temps plus profondément enraciné dans l'humanité elle-même. Une première approche de ce problème nous vient de la distinction entre souffrances physiques et souffrances morales.

C'est vrai mais en même temps quelqu'un qui a une rage de dents ne veut pas entendre parler de considérations philosophiques sur le mal en général.

On dirait que le pape essaie de diminuer l'importance de la science et en particulier de la science médicale. Le pape aurait beau prié pour moi, me pardonner mes nombreux péchés etc. ce n'est pas de ça dont j'ai besoin. Je veux être guéri beaucoup plus que pardonné. Je suis prêt à écouter un homme avec une robe en paille et un masque de divinité primitive sur le visage s'il me parle de guérison au sens propre.


Denis

(à suivre peut-être...)
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