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 En France, incidence et mortalité du cancer

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Denis
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MessageSujet: Re: En France, incidence et mortalité du cancer   Ven 6 Déc 2013 - 19:48




C'est la conclusion d'un rapport comparant la survie des patients dans 29 pays d'Europe.

Avec 355.000 nouveaux cas diagnostiqués en France chaque année, le cancer est un enjeu de santé pu-blique majeur. Une étude portant sur plus de 9 millions d'Européens issus de 29 pays, publiée mercredi dans le Lancet Oncology, permet d'évaluer la qualité de la prise en charge de ces patients dans l'Hexagone. Six ans après la précédente édition de cette vaste enquête baptisée «Eurocare», la France compte parmi les bons élèves, affichant même la deuxième meilleure place pour deux des cancers les plus fréquents.

Basée sur l'analyse de plus de 100 registres nationaux ou régionaux, l'étude reflète les progrès accomplis en Europe pour la survie des malades sur la période 1999-2007. «C'est particulièrement net pour les cancers colorectaux et le lymphome non hodgkinien (cancer du système immunitaire, NDLR)», commente au Figaro l'auteur principal de l'étude, le Dr Roberta De Angelis. Une dynamique positive qui s'explique par la généralisation des dépistages (sein, prostate, côlon), l'amélioration de la prise en charge et l'arrivée de nouveaux médicaments.
La France au-dessus de la moyenne

L'enquête montre aussi que l'écart entre les pays présentant les meilleurs résultats (Suède, Norvège, Allemagne, Suisse, Pays-Bas, France, Italie) et la queue du peloton, composée essentiellement de pays de l'Est (Bulgarie, Pologne, Lettonie) tend à se rétrécir, souligne le Dr De Angelis. «Dans ces pays, les taux de survie augmentent plus vite que dans le reste de l'Europe», constate l'auteur, chercheuse à l'Istituto superiore di sanita à Rome.

Sur les dix cancers les plus fréquents, trois présentent au niveau européen un taux de survie à cinq ans supérieur à 80 % (cancer du sein, mélanome, cancer de la prostate). Le bas du tableau est occupé par le cancer du poumon (13 %). La France se situe à chaque fois entre 1 et 6 points au-dessus de la moyenne continentale.

«La France n'a pas à rougir de ses résultats au regard des autres grands pays européens», analyse Jérôme Viguier, responsable du pôle santé publique et soins de l'Institut national du cancer. Le cancer du sein, le plus fréquent chez la femme, est à ses yeux un bon exemple des progrès effectués. «Les bonnes performances du système français, qui atteint la 2e position du classement pour ce type de tumeur, confirment notamment l'utilité de la généralisation en 2004 du dépistage organisé», explique-t-il. «C'est aussi le fruit d'une prise en charge désormais multidisciplinaire, où cancérologues, radiothérapeutes, radiologues et anatomopathologistes travaillent en concertation», complète le Dr Olivier Trédan, oncologue, directeur de l'enseignement au Centre Léon-Bérard à Lyon, rappelant que ce cancer reste toutefois le plus mortel chez les femmes, du fait de sa fréquence.

Concernant le lymphome non hodgkinien, pour lequel la France occupe également la 2e place, les bons résultats s'expliquent par l'usage facilité de nouvelles molécules. «Les autorités et le système de sécurité sociale favorisent l'accès aux arsenaux thérapeutiques efficaces, sans que la question du coût apparaisse comme une restriction forte, contrairement à d'autres pays», explique Jérôme Viguier.
Nouvelles molécules

L'étude Eurocare révèle toutefois aussi les faiblesses auxquelles remédier. La France reste relativement en retrait sur les cancers colorectaux. Par ailleurs, certaines tumeurs, au poumon, au pancréas, à l'estomac, conservent un très mauvais pronostic dans l'ensemble des pays européens.

Il ne faut pas oublier cependant que le tableau présenté par Eurocare-5 ne reflète déjà plus la situation actuelle, car l'arrivée d'une personnalisation accrue du diagnostic et de nouvelles molécules vers la fin des années 2000 a considérablement accru la survie pour certaines tumeurs depuis 2007. C'est le cas notamment pour l'herceptine, un traitement dédié à certains cancers du sein (15 %). Son usage depuis 2006 a permis d'améliorer spectaculairement le pronostic de survie.

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Denis
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MessageSujet: Re: En France, incidence et mortalité du cancer   Lun 3 Déc 2012 - 15:01



Alors que la mortalité globale provoquée par le cancer diminue régulièrement dans notre pays, les inégalités ne cessent de s'accroître, aussi bien dans le domaine de la prévention que dans celui de l'accès aux soins et de l'après-cancer. "La lutte contre ces inégalités constitue l'un des trois thèmes transversaux du plan cancer 2009-2013 et c'est l'un des points de déception dans l'exécution du plan en raison des difficultés rencontrées", a indiqué la professeur Agnès Buzyn qui dirige l'Institut national du cancer (Inca), lors de la présentation à la presse des prochaines rencontres annuelles du 4 décembre à Paris. Plus de 600 personnes - professionnels de santé, associations de patients, décideurs, institutionnels, chercheurs... - vont y participer pour tenter de trouver des solutions à ce problème.


Les chiffres énoncés par Jean-Baptiste Herbet, du département recherche en sciences humaines et sociales, épidémiologie et santé publique à l'Inca, sont sans équivoque : "Un cadre a une espérance de vie supérieure de six ans par rapport à un ouvrier et son espérance de vie sans incapacité est supérieure de sept ans." L'indice relatif d'inégalité pour le taux de mortalité (qui établit le risque de mourir d'un cancer en fonction du niveau d'études) s'est accru en 20 ans, passant de 1,5 à 2,5 entre les niveaux d'études les plus bas et les plus élevés. Les différences sont observées à tous les niveaux de l'échelle sociale, elles sont cumulatives tout au long de la vie et commencent très tôt.
Dépistage

Non seulement le risque de mortalité par cancer est accru, mais c'est aussi vrai pour la fréquence des cancers et la capacité des personnes à adopter une meilleure hygiène de vie. Car les messages de prévention passent de plus en plus mal en fonction des catégories socio-économiques et culturelles. D'ailleurs, selon le dernier baromètre cancer, 45 % des ouvriers sont fumeurs contre 25 % des cadres et le taux de fumeurs augmente chez les premiers, alors qu'il baisse chez les derniers. Les femmes défavorisées ont 5,5 fois plus de risques que les femmes cadres d'avoir un cancer des voies aérodigestives supérieures.

Le professeur Buzyn admet que la prévention est compliquée, car, pour être efficaces, les messages doivent s'adresser aux plus jeunes. "Quand ça ne coûte pas cher et que ça rapporte plus en efficacité (plutôt qu'à 40-50 ans)." Mais, pour elle, cela ne relève pas que des professionnels de santé. Les pays qui ont le mieux lutté contre les inégalités de santé étant ceux qui se sont attaqués aux inégalités en général, elle plaide pour l'implication du ministère de l'Éducation nationale, du ministère du Travail et des agences régionales de santé.

Quant au dépistage, il fait l'objet d'interventions ciblées depuis longtemps pour améliorer le taux de participation selon les quartiers ou en allant vers les populations migrantes (avec des dépliants en différentes langues). "Ces actions ont payé avec une tendance favorable observée dans le dernier baromètre cancer", selon Agnès Buzyn. Reste que les inégalités concernent l'accès aux soins et la sortie de la maladie. Après le cancer, c'est la "double peine" pour les populations plus défavorisées qui ont plus de mal à reprendre le travail. Les personnes qui ont un emploi d'exécution ont 62 % de chances d'être de nouveau employées après un cancer contre 78 % pour les cadres. Manifestement, il y a fort à faire.

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MessageSujet: Re: En France, incidence et mortalité du cancer   Sam 5 Fév 2011 - 16:10

En France :

357 700 nouveaux cas de cancers sont estimés pour l’année 2010 (3), (203 100 hommes et 154 600 femmes). Les cancers de la prostate chez l’homme (71 600 cas incidents) et du sein chez la femme (52 600 cas) sont les plus fréquents. Viennent ensuite chez l’homme, les cancers du poumon et du côlon-rectum et chez la femme, les cancers du côlon-rectum et du poumon.

Plus de la moitié des cas estimés en 2010 (57,3 %) sont diagnostiqués chez les personnes âgées de 65 ans et plus . L’âge moyen au diagnostic n’est pas disponible pour 2010, mais en 2005 il était estimé à 67 ans chez l’homme et 64 ans chez la femme.

Les évolutions récentes semblent un peu plus favorables pour l’homme que pour la femme (on note un ralentissement de la hausse de l’incidence et une baisse plus marquée de la mortalité chez l’homme).

Selon les données de projection, le nombre de décès par cancer en France est estimé en 2010 à environ 146 500 (84 500 hommes et 62 000 femmes).



Des Guérisons aussi

Heureusement, l’étude Eurocare-4, une des plus grandes études épidémiologiques sur la survie des patients atteints de cancer, vient donner des statistiques encourageantes. Elle se fonde sur l’analyse des données concernant environ 150 millions de personnes, vivant dans 23 pays européens. Les données de la période allant de 1988 à 1990 ont été comparées à celles des années 1997 à 1999.

Reprise dans «l’ European Journal of Cancer » (4) elle montre qu’en l’espace d’une décennie, la proportion de patients guéris d’un cancer a progressé de manière significative en Europe : elle est par exemple passée de 6 à 8 % pour le cancer du poumon, de 15 à 18% pour celui de l’estomac et de 42 à 49% pour le cancer colorectal.

Au-delà de la progression du taux de guérison (sont considérés guéris les patients qui ont la même espérance de vie que les personnes qui n’ont pas eu de cancer), cette gigantesque analyse montre que la France est l’un des pays européens dans lequel on guérit le plus souvent d’un cancer.

C’est par exemple en France que les femmes guérissent le plus souvent, tous cancers confondus (taux de guérison de 59%). C’est aussi le pays dans lequel les taux de guérison du cancer du poumon (10%), du sein (73%) et de la prostate (60%) sont les plus élevés.

Ces bons résultats s’expliquent largement par l’existence de procédures de dépistage qui permettent de détecter un certain nombre de cancers à un stade précoce plus facile à traiter et à guérir.

La prochaine analyse des données épidémiologiques en France est prévue en 2012 et concernera des estimations pour la période 1980-2010. Espérons qu’elles confirmeront les effets encourageants du dépistage et d’une prise en charge au plus tôt.

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MessageSujet: Re: En France, incidence et mortalité du cancer   Lun 8 Nov 2010 - 15:07

La mortalité par cancer diminue en France, et ce indépendamment du sexe, de l'âge, de la région et du type de cancer, selon le dernier rapport de l'Institut national du Cancer (INCa), qui attribue cette évolution favorable à l'impact de l'approche globale de lutte contre le cancer.


Cette baisse est surtout marquée chez les hommes, chez qui elle s'élève à 22 % (la mortalité masculine est passée de 208,7 à 162,6 décès pour 100 000 hommes), avec une accélération au cours des dix dernières années. Pour l'INCa, qui a réalisé cette analyse dynamique de la mortalité par cancer en France au cours des 20 dernières années en association avec l'Institut de veille sanitaire (InVS), l'Inserm et le réseau français des registres de cancer Francim, cette baisse est liée en grande partie au recul de la consommation d'alcool et de tabac et de la mortalité par les cancers qui leur sont associés.

Chez la femme, la baisse de la mortalité par cancer est moindre, en raison de l'élévation importante du taux féminin de mortalité par cancer du poumon au cours des vingt dernières années, elle-même due à une forte hausse de la consommation tabagique observée depuis plus de 40 ans. Mais elle atteint tout de même 14 %, le taux de mortalité passant de 92,8 à 79,9 décès pour 100 000 femmes.

Les politiques de dépistage généralisé et de diagnostic précoce des cancers du sein, du colon-rectum ou du col de l'utérus participent probablement à cette amélioration globale, mais le recul n'est cependant pas suffisant pour l'affirmer, souligne l'INCa dans son rapport. Les progrès thérapeutiques et l'amélioration de la prise en charge ont de leur côté eu des effets positifs, particulièrement pour certaines localisations comme le testicule, la thyroïde et la maladie de Hodgkin.

Près des ¾ des décès concernent les seniors (71 % chez les plus de 65 ans). Avant 65 ans, les cancers les plus mortels sont les cancers du poumon chez l'homme (31,9 % des décès prématurés masculins), et ceux du sein et du poumon chez la femme (respectivement 26,8 % et 15,4 % des décès prématurés féminins).

Malgré ces données encourageantes, le cancer représente toujours la première cause de décès chez l'homme avec 88 188 décès enregistrés sur la période 2003-2007 (32,9 % de l'ensemble des décès masculins) et la deuxième cause chez la femme avec 59 663 décès enregistrés sur la même période (23,4 % de l'ensemble des décès féminins), portant à 147 851 le nombre total de décès par cancer sur cette période.

Amélie Pelletier

Source :
Rapport de l'INCa
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MessageSujet: Re: En France, incidence et mortalité du cancer   Mer 28 Fév 2007 - 13:11

D’après une vaste étude dévoilée mardi par la Ligue nationale contre le cancer, un malade sur deux survit désormais au-delà des cinq années qui suivent le diagnostic. Mais pour le professeur Albert Hirsch, vice-président de l’association, il reste encore beaucoup de progrès à faire dans le dépistage de la maladie.


Etre en vie cinq ans après un diagnostic de cancer est-il synonyme de guérison?
C’est compliqué. Il est impossible de prononcer le mot «guérison» car cela signifierait qu’il n’y a plus aucun risque de rechute. Mais les statistiques sont là: une personne qui est encore en vie cinq ans après avoir été diagnostiquée –et qui a suivi un traitement– n’a qu’entre 2 et 4% de risques de voir la maladie revenir à un horizon de 10 ans.

L’amélioration de la survie est-elle à mettre sur le compte de meilleurs traitements ou de meilleurs dépistages?
Les deux. Pour les cancers du sein, du col de l’utérus ou de type colo-rectal, c’est surtout grâce au dépistage. Pour celui du testicule, c’est davantage dû à une amélioration du traitement. Et pour certains comme le col de l’utérus, des progrès ont été réalisés sur les deux fronts. Mais il faut bien préciser que le vaccin qui vient d’être commercialisé en France n’est pas contre le cancer du col en lui-même: il est contre le virus responsable de 70% des cancers de ce type. Il faudrait d’ailleurs que ce vaccin soit remboursé.

Dans quels domaines restent-ils à faire des progrès?
On peut toujours mieux faire dans le dépistage. Le taux de femmes entre 50 et 74 ans qui se font dépister n’est que de 50%. Il doit au moins monter à 70%. Idem pour les cancers de type colo-rectal: un simple examen des selles suffit, et ce n’est qu’en cas de problème qu’on pratique une coloscopie, elle plus invasive. Les pouvoirs publics ont promis la mise en place d’une vaste campagne d’ici fin 2007. 2008 est plus réaliste.
Pour certains cancers du foie, des vaccins sont à l’étude. Mais on est très loin d’une mise sur le marché. C’est pour ça que la prévention des pratiques à risques comme la consommation d’alcool ou de tabac est si importante.
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MessageSujet: Et en Europe...   Mar 20 Fév 2007 - 13:52

L’arsenal de lutte contre le cancer se modernise

Santé - La génétique prédictive est l’arme de demain.

Anne-Muriel brouet
Publié le 20 février 2007

Les chiffres sont tombés au début du mois: le cancer continue de sévir en Europe avec 3,2 millions de nouveaux cas diagnostiqués dans trente-neuf pays en 2006 (300 000 de plus qu'en 2004) et 1,7 million de décès. Le cancer du poumon reste l'un des plus meurtriers, suivi par le cancer colorectal, le cancer du sein et le cancer de l'estomac. Le professeur André-Pascal Sappino, médecin-chef du
Service d'oncologie aux HUG, fait le point sur les traitements accessibles aujourd'hui.



Que penser des nombreuses découvertes sur les cancers? Nous vivons l'âge d'or de la biologie et le développement de traitements plus efficaces repose sur les découvertes de la biologie des cancers. Cependant, pour le patient, la plupart de ces découvertes ne peut avoir de répercussion avant une ou deux décennies. Le transfert jusqu'au lit du malade est donc souvent très long.


Quelle est l'incidence du cancer? On estime globalement qu'une personne sur trois aura ou a eu un cancer. En particulier, la moitié des personnes de plus de 80 ans aura ou a eu un cancer. Le premier facteur de risque du cancer est donc l'âge. Aujourd'hui, à Genève, on diagnostique quotidiennement environ dix cancers alors qu'une personne en meurt chaque jour.


Quel est le taux de guérison? La grande moitié des cancers peut être éradiquée. L'autre moitié menace donc la vie des gens. Mais une fraction importante de ces cancers peuvent être transformés en maladie chronique.


Faut-il demander un second avis? En général, nous le recommandons.


Tout le monde bénéficie-t-il du même traitement? A quelques variantes près oui. Aujourd'hui, tout le monde a un accès facilité à la plupart des nouveaux médicaments, indépendamment des coûts exorbitants qu'ils peuvent entraîner. Ce ne sera peut-être plus le cas demain.


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Le cancer est une voiture folle

Quels sont les traitements possibles? Il y a les armes classiques: la chirurgie, de la tumeur ou des métastases; la chimiothérapie (qui s'attaque à toutes les cellules qui se divisent trop rapidement, y compris certaines cellules normales de l'organisme), la radiothérapie (irradiation des cellules cancéreuses, avec dommages collatéraux) et l'hormonothérapie (surtout efficace pour les cancers du sein ou de la prostate).
Deux nouvelles classes de médicaments ont fait leur apparition. Les premiers sont les anticorps, produits par le génie génétique. Ils sont ciblés contre les cellules tumorales. Aujourd'hui une dizaine d'anticorps sont à disposition. Deuxièmement, il y a la pharmacothérapie dite intelligente: ces traitements ont une action antitumorale ciblée qui interfère avec un défaut moléculaire de la cellule cancéreuse. En d'autres termes, le cancer c'est un peu comme une voiture folle: les freins ne fonctionnent plus, l'accélérateur est coincé au plancher et les systèmes de contrôles sont cassés. Si l'on parvient à réparer un des trois, la voiture peut arrêter sa course folle.
Un nouveau type d'outil diagnostique a également fait son apparition: la génétique prédictive. Environ 10% des cancers sont liés à une prédisposition génétique, c'est-à-dire à des anomalies génétiques qui peuvent être transmises de génération en génération. Il est désormais possible d'identifier certaines de ces anomalies génétiques et ainsi de prévenir la survenue de la maladie chez les porteurs sains qui ont le risque de développer un cancer. Cela concerne encore peu de personnes, mais ce secteur constitue une nouvelle forme de détection précoce.
Le dépistage systématique est-il une solution? Pour certains cancers oui: sein, peau, colon, utérus. Pour d'autres non: prostate. (amb)


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En savoir plus

La ligue genevoise contre le cancer. Tél.: 022 322 13 33; fax: 022 322 13 39; e-mail: ligue. cancer@mediane.ch; 17, bd des Philosophes; site: www.lgc.ch; du lundi au vendredi de 9 h à 12 h et de 14 à 17 h. Reçoit sur rendez-vous.
Espace Médiane. 4, rue Micheli-du-Crest; e-mail: espace@mediane.ch; du lundi au vendredi de 11 à 19 h, sans rendez-vous.
Consultation onco-génétique. L'Unité d'identification des prédispositions génétiques au cancer propose une consultation spécialisée pour les personnes concernées par leurs antécédents personnels et/ou familiaux de cancer. Les consultations et l'analyse génétique sont prises en charge par la LAMal. Renseignement: 022 372 98 53 du lundi au jeudi. (amb)
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MessageSujet: En France, incidence et mortalité du cancer   Mer 14 Fév 2007 - 11:10

L’incidence sans cesse croissante des cancers…

par Bertrand Jordan - SPS n° 274, octobre 2006
« L’incidence sans cesse croissante des cancers liés aux additifs alimentaires, à la pollution, au stress, aux lignes électriques à haute tension, aux centrales nucléaires, aux OGM… » De telles phrases sont devenues si courantes qu’elles ne nous font plus sursauter. Le cas échéant, nous réagissons au deuxième terme, à la cause invoquée, qui peut nous paraître vraisemblable ou au contraire farfelue. Mais pour le journaliste, comme pour l’essentiel de ses lecteurs, l’augmentation alarmante des cancers est un fait avéré, une conséquence du caractère malsain des conditions de vie actuelles.

Or la réalité est toute autre : l’incidence globale des cancers (tous types confondus) est à peu près stable, elle a légèrement augmenté jusqu’en 1990 environ, puis a décru depuis.

Il s’agit là naturellement de données tenant compte de l’âge : la courbe globale représente l’incidence (base 100 en 1979) pour une population dont la pyramide des âges resterait constante [2]. Les courbes individuelles (en pointillé) montrent le même paramètre pour trois groupes d’âge : 20 à 44 ans, 45 à 64, et 65 ou plus [3]. Si l’on s’intéresse maintenant à des tumeurs spécifiques, les évolutions sont contrastées : le cancer du poumon, par exemple, a baissé de plus de 20 % chez les hommes, grâce à la diminution du nombre de fumeurs, tandis qu’il doublait presque chez les femmes qui ont, elles, augmenté leur consommation de tabac. L’incidence du cancer de l’estomac a baissé de moitié chez les deux sexes ; au contraire, celle du cancer de la prostate a augmenté de 70 %. Dans ce dernier cas, l’accroissement est sans doute lié à la généralisation d’un diagnostic révélant nombre de cancers qui n’auraient jamais été comptabilisés en raison de leur évolution très lente.

Qu’en est-il de la mortalité ? Elle tend également à diminuer, et plus rapidement que l’incidence, ce qui traduit l’amélioration des traitements. Pour le cancer de la prostate, elle a diminué de 20 % malgré l’augmentation de l’incidence ; pour le poumon, la baisse est de 30 % chez les hommes, mais le doublement de l’incidence chez les femmes entraîne une augmentation de 70 % de leur mortalité [4]. Il s’agit toujours là de données tenant compte de l’âge et comparant au fil des années des groupes de personnes équivalents de ce point de vue.

Cette réalité statistiquement indéniable et qui se retrouve dans presque tous les pays traduit deux faits. D’une part notre environnement est, en dépit de maintes déclarations alarmistes, nettement moins cancérigène que par le passé : diminution des pollutions atmosphériques massives (rappelons-nous le smog de Londres...), effet des campagnes anti-tabac, moindre consommation d’aliments conservés par salage ou fumaison (qui contiennent des composés aromatiques carcinogènes), quasi-éradication de l’hépatite B (responsable à long terme de cancers du foie). D’autre part, les progrès dans le traitement de ces maladies, certes encore trop lents, sont néanmoins réels. Ils sont même parfois spectaculaires, comme pour les leucémies infantiles autrefois fatales et aujourd’hui d’assez bon pronostic. Le diagnostic précoce des tumeurs, s’il tend à gonfler les chiffres d’incidence, a aussi pour effet de réduire la mortalité.

Et pourtant, on meurt de plus en plus du cancer – et cette impression très répandue est cette fois exacte. Eh oui, c’est tout simplement que l’on vit plus longtemps, et que l’on meurt beaucoup moins de maladies infectieuses ou métaboliques...

La figure 2 en donne une illustration frappante : elle indique le taux de mortalité ajusté pour l’âge (courbe du bas) et le nombre effectif de décès dus au cancer, de 1970 à 2003, et toujours pour l’état de Colombie britannique. Expliquons bien ce que représentent ces courbes : celle du bas donne l’évolution du risque (base 100 en 1970) au niveau d’une population qui aurait gardé la même pyramide des âges qu’à cette date. Elle montre que le risque de mourir du cancer entre 60 et 65 ans, par exemple, a légèrement diminué au cours de la période considérée [5]. La courbe du haut représente, elle, le nombre total de décès dus au cancer observés dans la population réelle : on voit que celui-ci a plus que doublé. C’est que le cancer est une maladie de la vieillesse : 80 % environ des cas de cancer du poumon apparaissent chez des personnes âgées de plus de 60 ans, et c’est également dans cette classe d’âge que surviennent 80 % des décès causés par cette tumeur… Il suffit que la longévité et donc l’âge moyen de la population augmentent de quelques années pour que la mortalité due à cette maladie s’accroisse considérablement.

Ainsi les apparences sont trompeuses : une vérité évidente, largement médiatisée et communément admise, peut se révéler fausse. Le cancer est un problème de santé majeur dans nos populations vieillissantes, les progrès thérapeutiques ne sont pas fulgurants, et certaines pratiques industrielles sont indubitablement à l’origine de tumeurs mortelles (on songe immédiatement à l’amiante). Il est important d’en éliminer autant que possible les causes, et de poursuivre l’amélioration des traitements. Mais affirmer, pour vendre de la copie, des régimes miracles, ou pour imposer, au nom d’un principe de précaution mal compris, des réglementations abusives, que cette affection est une maladie de la civilisation et qu’elle progresse sans cesse relève de l’ignorance ou de la mystification.
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MessageSujet: Re: En France, incidence et mortalité du cancer   Aujourd'hui à 15:14

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