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 Histoire de la lutte contre le cancer.

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Denis
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MessageSujet: Histoire de la lutte contre le cancer.   Ven 23 Mar 2007 - 12:32

Lutte contre le cancer : une histoire à suivre



Par Marie-Claude Bourdon


Depuis 1982 et la découverte d'un premier oncogène humain, c'est-àdire d'un gène pouvant causer le cancer, la recherche sur le traitement de cette terrible maladie a complètement changé de cible, explique le professeur d'histoire des sciences Peter Keating. «Maintenant, au lieu de chercher des produits qui tuent les cellules cancéreuses, on essaie de bloquer le fonctionnement de la cellule, de figer la tumeur et d'empêcher son développement.»
Membre du Centre interuniversitaire de recherche sur la science et la technologie (CIRST), Peter Keating s'intéresse à l'histoire des essais cliniques dans le domaine du cancer depuis les années 1950. «À l'époque, rappelle-t-il, l'arsenal thérapeutique contre le cancer comprend la chirurgie, pratiquée depuis le 19e siècle, ainsi que la radiothérapie, qui existe depuis les années 1930, mais dont l'utilisation connaît une véritable explosion grâce à de nouveaux appareils beaucoup plus puissants. Avec la radiothérapie de haut voltage, les rayons pénètrent le corps et atteignent les tumeurs sans provoquer de brûlures dans les tissus superficiels.»
L'émergence de la chimio


En plus de ces technologies, qui demeurent les armes de premier choix dans le traitement de nombreux cancers, des observations effectuées sur des produits utilisés pendant la Deuxième Guerre mondiale, comme les gaz moutarde, vont mener, en 1946, à l'élaboration d'une nouvelle forme de traitement, la chimiothérapie. En 1955, un vaste programme de recherche subventionné par l'Institut national du cancer des États-Unis (NCI) est lancé. «Ce programme consiste à passer en revue toutes les substances chimiques existantes afin de déterminer leur potentiel pour détruire les cellules cancéreuses», note l'historien.
Les produits chimiques et biologiques passés au crible par les chercheurs sont d'abord testés sur des animaux de laboratoire, principalement des souris, pour déterminer leur toxicité et leur efficacité. C'est lorsque ces études précliniques sont suffisamment encourageantes qu'on passe aux essais cliniques sur des humains. Ces essais pratiqués dans de multiples hôpitaux à travers le monde peuvent impliquer 3 000 patients atteints du même type de cancer. «Les premiers succès réels sont atteints dans les années 60 avec le traitement de la leucémie infantile, rappelle Peter Keating. Puis, dans les années 70, on effectue une percée au niveau des tumeurs solides. Le traitement chimiothérapique, combiné à la radiothérapie, permet d'augmenter de 5 à 80 % la survie après cinq ans des patients atteints de la maladie de Hodgkin. En 1976, on fait la preuve que la chimiothérapie comme traitement adjuvant à la chirurgie, dans le cancer du sein, est efficace pour détruire les micro-métastases. C'est presque le même traitement qui est utilisé encore aujourd'hui.»
Jusqu'à la fin des années 1960, environ 20 substances chimiques utiles sont découvertes. Quelques-unes s'ajoutent par la suite, mais en dehors enregisd'exceptions notables comme le tamoxifène, les nouvelles molécules ne font qu'apporter de légères améliorations dans l'efficacité ou la réduction des effets secondaires pénibles entraînés par la chimiothérapie. «À partir de là, c'est Coke versus Pepsi, dit l'historien. Le système de criblage semble avoir atteint ses limites.»
Une nouvelle direction


La découverte des oncogènes et des processus biochimiques entraînant le cancer vont toutefois pousser la recherche clinique dans une nouvelle direction. «Il faut activer un certain nombre de gènes – disons 5 à 15 – pour provoquer un cancer, souligne Peter Keating. Il s'agit donc de processus complexes, impliquant de nombreuses réactions en chaîne. Mais à partir du moment où l'on comprend le rôle d'une protéine dans ce processus, on peut essayer de trouver une autre protéine capable de bloquer l'action de la première, empêchant ainsi le cancer de se développer.»
Quelques succès ont été enregistrés. Le Gleevec, un inhibiteur de la tyrosine-kinase, une enzyme qui contrôle le développement des cellules cancéreuses de la leucémie myéloïde chronique (LMC), a permis de stopper la maladie chez 90 % des patients dans les essais entrepris au début des années 2000. Le Gleevec et ses analogues ont remplacé la transplantation de moelle osseuse comme traitement standard de la LMC. «Le plus extraordinaire, c'est que ces nouveaux traitements ne comportent pas d'effets secondaires, contrairement à la chimiothérapie», dit Peter Keating. Selon le professeur, ce n'est pas parce qu'on n'a pas réussi à vaincre le cancer que nos connaissances n'ont pas énormément progressé depuis les dernières décennies. «On travaille aujourd'hui au niveau moléculaire, au niveau des gènes, des enzymes et des protéines. On ne peut pas aller plus loin. S'il y a une réponse au cancer, c'est là qu'elle se trouve.»

Source : Journal L'UQAM, vol. XXXIII, no 13 (19 mars 2007)
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